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Arrêt du tabac

Arrêter de fumer sans prendre de poids : ce qui se joue vraiment

6 min de lecture · par Atika Mechtaoui, infirmière D.E.

C'est la phrase qui revient le plus souvent en consultation d'arrêt du tabac : « je veux bien arrêter, mais pas si je grossis ». La crainte est légitime, et elle repose sur quelque chose de réel — le poids bouge fréquemment après l'arrêt. Ce qui l'est moins, c'est de croire qu'on n'y peut rien, ou qu'il faudrait mener les deux combats en même temps. Voici ce qui se passe réellement, et à quel moment on peut agir.

Pourquoi le poids bouge après l'arrêt

Trois mécanismes se superposent, et on les confond souvent en un seul. Le premier est métabolique : la nicotine augmente légèrement la dépense énergétique au repos et diminue l'appétit. Quand elle disparaît, l'organisme revient à son fonctionnement de base. Rien d'anormal là-dedans — c'est même le signe que le corps se remet en ordre.

Le deuxième est sensoriel : le goût et l'odorat reviennent, parfois en quelques jours. Les aliments ont soudain une saveur qu'ils n'avaient plus depuis des années, et manger redevient un plaisir vif. C'est une bonne nouvelle, mais elle change les quantités sans qu'on s'en rende compte.

Le troisième est comportemental, et c'est de loin le plus déterminant : la cigarette occupait des moments précis de la journée. Ces moments ne disparaissent pas quand on arrête. Ils restent vides, et quelque chose vient les remplir — le plus souvent, quelque chose qui se mange.

Distinguer ce qui vient du corps et ce qui vient de l'habitude

Cette distinction n'est pas théorique : elle décide de ce sur quoi on peut agir. Le retour du métabolisme à son rythme normal n'est pas un problème à corriger, et vouloir le compenser par une restriction alimentaire pendant un sevrage est le meilleur moyen de faire échouer les deux à la fois.

En revanche, le grignotage qui prend la place du geste, lui, se travaille. Il n'est pas de la gourmandise et il n'est pas un manque de volonté : c'est un automatisme qui cherche son support. La main qui allait vers le paquet va vers autre chose, et ce n'est pas une décision consciente.

L'erreur classique consiste à s'en apercevoir trois semaines après l'arrêt, quand l'habitude est déjà réinstallée. Elle s'anticipe bien plus facilement qu'elle ne se défait.

Les moments à repérer avant d'arrêter

  • Le café du matin, où la cigarette faisait partie du rituel autant que la tasse
  • La pause au travail, qui était surtout un prétexte pour sortir et souffler
  • La fin du repas, moment de bascule où la cigarette servait de point final
  • Le trajet en voiture, seul, où fumer occupait les mains et l'attention
  • La contrariété — une discussion tendue, une mauvaise nouvelle — où la cigarette servait à faire redescendre la pression
  • Le soir devant un écran, quand l'ennui appelle un geste répétitif

Faire cette liste avant la date d'arrêt, et non après, change beaucoup de choses. Chaque moment identifié est un moment pour lequel on peut préparer autre chose — et « autre chose » ne veut pas forcément dire un aliment.

Ce que l'hypnose travaille sur ce point précis

L'accompagnement en hypnose ne porte pas sur l'alimentation en général. Il porte sur le lien qui se crée, pendant les semaines de sevrage, entre une situation, une tension et un geste de compensation. C'est ce lien qu'il s'agit d'empêcher de s'installer, pendant qu'il est encore mobile.

Concrètement, le travail consiste à réassocier ces moments-clés à autre chose qu'un automatisme oral, et à redonner de la place aux sensations de faim et de satiété que le tabac brouillait depuis longtemps. Beaucoup de fumeurs de longue date ont perdu ces repères sans le savoir.

Un point mérite d'être dit clairement : mener de front un sevrage tabagique et un régime amaigrissant est rarement une bonne idée. Deux privations simultanées, c'est deux fois plus de chances que l'une fasse tomber l'autre. L'objectif pendant cette période n'est pas de perdre du poids, c'est de ne pas laisser un nouvel automatisme prendre racine.

Ce que l'hypnose ne fait pas

Elle ne garantit pas que votre poids restera identique. Personne ne peut le garantir, et aucun chiffre — de kilos, de délai ou de taux de réussite — ne vous sera avancé ici : ces chiffres circulent beaucoup, ne reposent sur rien de vérifiable, et un professionnel de santé n'a pas le droit de les mettre en avant.

Elle ne modifie pas votre métabolisme et ne remplace pas le mouvement, le sommeil ou l'équilibre des repas. Elle ne dispense pas non plus d'un sevrage physique quand la dépendance à la nicotine est installée : c'est un travail parallèle, pas un substitut.

Enfin, elle ne remplace aucun suivi médical. Une prise de poids rapide ou importante, un essoufflement, une fatigue inhabituelle, une soif ou des troubles digestifs qui s'installent ne sont pas à mettre d'office sur le compte de l'arrêt du tabac : ils justifient une consultation chez votre médecin traitant, qui vérifiera qu'il n'y a pas autre chose (thyroïde, glycémie, effet d'un traitement en cours).

En cas de grossesse ou d'allaitement, de pathologie cardiovasculaire, respiratoire ou d'un trouble du comportement alimentaire connu, l'avis de votre médecin est indispensable avant d'engager un arrêt du tabac, quelle que soit la méthode envisagée.

Comment ça se passe au cabinet

La première séance sert à faire le point : votre consommation réelle, vos tentatives précédentes et ce qui les a fait échouer, votre niveau de dépendance physique, vos traitements en cours — et, sur ce sujet précis, votre rapport à l'alimentation avant même d'arrêter. Une personne qui mangeait déjà sous le coup de l'émotion avant d'arrêter n'est pas dans la même situation qu'une autre.

Atika Mechtaoui est infirmière diplômée d'État depuis 2000, avec un DIU douleur. Elle peut prescrire des substituts nicotiniques et en ajuster le dosage au fil des semaines, ce qui compte ici : un sevrage physique mal couvert, c'est un manque permanent, et un manque permanent cherche à se combler — souvent dans l'assiette.

Le travail en hypnose vient ensuite, suivi de rendez-vous espacés sur les semaines qui suivent. La période sensible n'est pas le jour de l'arrêt mais les semaines d'après, et c'est précisément là que les nouvelles habitudes se fixent. Le nombre de séances se décide ensemble ; il n'y a pas de forfait imposé.

La séance dure environ une heure et coûte 60 €. Le cabinet se trouve aux Landiers, à Chambéry, et la prise de rendez-vous se fait en ligne sur Doctolib.

Questions fréquentes

  • Faut-il attendre d'avoir perdu du poids pour arrêter de fumer ? Non, et c'est souvent l'inverse : le bénéfice de l'arrêt sur la santé ne se compare à aucune variation de poids, et attendre le « bon moment » revient généralement à ne jamais arrêter.
  • Les substituts nicotiniques font-ils grossir ? Ils couvrent au contraire le manque physique pendant la période où il est le plus fort, ce qui limite le report vers le grignotage.
  • Et si j'ai déjà pris du poids lors d'un arrêt précédent ? C'est une information utile, pas un mauvais présage : elle indique ce qui, chez vous, a pris la place de la cigarette.
  • Peut-on travailler le poids ensuite ? Oui, une fois l'arrêt stabilisé. C'est un accompagnement distinct, qui commence quand celui-ci est derrière vous.

Consulter à Chambéry

Le cabinet d'Atika Mechtaoui se trouve au LAND'ART, 711 avenue des Landiers, bâtiment A, 73000 Chambéry, dans le quartier des Landiers au nord de la ville. L'accès se fait de plain-pied et le stationnement est gratuit devant le bâtiment.

Les Landiers sont la première sortie depuis l'A41 : comptez environ cinq minutes depuis La Motte-Servolex, une dizaine depuis Challes-les-Eaux, une quinzaine depuis Aix-les-Bains et une vingtaine depuis Montmélian ou Le Bourget-du-Lac. Le cabinet reçoit dans tout le bassin chambérien et en Savoie.

Horaires
Lun–ven 9h–19h · Sam 9h–12h
Tarif
60 € la séance, environ 1 h
Praticienne
Infirmière D.E. depuis 2000

En parler avant de fixer une date

Un premier rendez-vous permet d'évaluer votre dépendance et de repérer, chez vous, les moments qui risquent de se reporter ailleurs. Séance 60 €, environ une heure, à Chambéry — réservation sur Doctolib.