Tous les conseils

Autres approches

Le brainspotting, c'est quoi ? Une approche encore peu connue en Savoie

5 min de lecture · par Atika Mechtaoui, infirmière D.E.

Vous en avez peut-être entendu parler sans trop savoir de quoi il s'agit. Le brainspotting est une approche identifiée au début des années 2000, encore rarement proposée dans la région, et dont le principe de départ tient en une phrase : la direction de votre regard n'est pas neutre.

D'où ça vient

Le brainspotting a été décrit en 2003 par David Grand, un psychothérapeute américain, à partir de son travail avec l'EMDR — cette approche fondée sur les mouvements oculaires, plus connue du grand public.

Il a constaté qu'en cours de séance, certains patients bloquaient spontanément leur regard sur un point précis de l'espace, et qu'à ce moment-là la charge émotionnelle devenait accessible autrement. C'est cette observation qui a été formalisée.

Le principe, en une idée simple

L'hypothèse de travail est qu'une position particulière du regard correspond à un endroit où une charge émotionnelle est retenue dans le corps. Maintenir le regard sur ce point, en restant attentif à ce qui se passe physiquement, permet au traitement de se faire sans avoir à tout raconter.

C'est cette dernière caractéristique qui explique l'intérêt qu'y trouvent certaines personnes : le brainspotting demande peu de mots. Là où une thérapie par la parole suppose de mettre en récit, ici l'essentiel du travail est corporel et silencieux.

Comment se passe une séance

Vous êtes assis, les yeux ouverts. La séance commence par un échange : ce qui vous amène, et ce que vous en ressentez dans le corps au moment où vous en parlez — une tension, une boule, un serrement.

Vient ensuite la recherche du point de regard, guidée lentement, souvent à l'aide d'un pointeur que vous suivez des yeux. Quand une position produit une réaction — le regard qui accroche, un changement dans la respiration, une émotion qui monte —, on s'y arrête.

Le reste de la séance consiste à rester là, en observant ce qui se déplace, avec un accompagnement discret. Cela peut être calme, parfois plus intense. Vous restez conscient et maître de tout, et vous pouvez interrompre à n'importe quel moment.

À qui ça peut convenir

  • Aux personnes pour qui parler ne suffit pas, ou qui ont déjà « tout dit » sans que rien ne bouge
  • À celles qui n'arrivent pas à mettre de mots sur ce qu'elles vivent
  • Quand une réaction physique se déclenche sans explication : gorge serrée, cœur qui s'emballe, blocage dans certaines situations
  • En complément d'un accompagnement en cours, quand un point résiste

Ses limites, dites clairement

Il faut aussi être honnête sur l'état des connaissances. Le brainspotting est une approche jeune, dont le niveau de preuve scientifique reste inférieur à celui de l'EMDR ou des thérapies cognitivo-comportementales. Cela ne veut pas dire qu'il est sans intérêt ; cela veut dire qu'on ne peut pas vous promettre de résultat, et que personne ne devrait le faire.

Aucune séance ne vous sera proposée comme une solution unique à une situation lourde.

Le brainspotting ne remplace ni une psychothérapie, ni un suivi psychiatrique, ni un traitement en cours. Un psychotraumatisme, un état dépressif, un trouble anxieux caractérisé ou des idées suicidaires relèvent d'une prise en charge médicale spécialisée — médecin, psychiatre, psychologue. Si votre situation en relève, vous serez orienté sans détour : cela fait partie du travail d'une soignante.

Pourquoi le trouver ici plutôt qu'ailleurs

Peu de praticiens le proposent dans la région. Atika Mechtaoui est formée aux niveaux 1, 2 et au format intensif, en plus de l'hypnose — dispensée par l'Institut Français d'Hypnose, qui ne forme que des professionnels de santé — et de la réflexologie.

Elle est par ailleurs infirmière diplômée d'État depuis 2000 et titulaire d'un DIU de prise en charge de la douleur. Sur une approche qui touche à l'émotionnel, cette formation compte : elle permet de reconnaître ce qui dépasse le cadre d'un accompagnement et doit être confié à un médecin.

Questions fréquentes

  • Est-ce la même chose que l'EMDR ? Non, mais les deux approches sont apparentées. L'EMDR travaille par mouvements oculaires guidés ; le brainspotting sur un point de regard maintenu.
  • Vais-je devoir raconter ce qui m'est arrivé ? Non. C'est même l'un des intérêts de la méthode.
  • Est-ce que je perds le contrôle ? Non. Vous restez éveillé, conscient, et vous pouvez arrêter quand vous voulez.
  • Combien de séances ? Cela se décide ensemble, en fonction de ce qui se passe. Aucun forfait n'est imposé.
  • Le tarif ? 60 € comme toutes les séances du cabinet.

Consulter à Chambéry

Le cabinet d'Atika Mechtaoui se trouve au LAND'ART, 711 avenue des Landiers, bâtiment A, 73000 Chambéry, dans le quartier des Landiers au nord de la ville. L'accès se fait de plain-pied et le stationnement est gratuit devant le bâtiment.

Les Landiers sont la première sortie depuis l'A41 : comptez une quinzaine de minutes depuis Aix-les-Bains, dix minutes depuis La Motte-Servolex ou Challes-les-Eaux, une vingtaine depuis Montmélian et Le Bourget-du-Lac. Le cabinet reçoit des patients de tout le bassin chambérien et de Savoie.

Horaires
Lun–ven 9h–19h · Sam 9h–12h
Tarif
60 € la séance, environ 1 h
Praticienne
Infirmière D.E. depuis 2000

En parler avant de vous décider

Un premier échange permet de voir si cette approche est adaptée à votre situation — ou si autre chose le serait davantage. Séance 60 €, à Chambéry.